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Lyon, le 15 Avril 2001
A la très Haute Attention de MM
Le Secrétaire Général de l'ONU
La Présidente de l'UE,
Les Présidents des États-Unis, de France et d'Allemagne,
Madame, Monsieur
A la suite des récentes déclarations de M. Omar Bongo
au sujet du dialogue national au Congo?Brazzaville (ci?joint copie),
le scepticisme du CCDS sur la capacité du président gabonais
d'être le médiateur international dans la crise congolaise
se trouve confirmé.
Nous constatons par ailleurs avec amertume que les crises conflictuelles
dans le monde font l'objet d'un traitement raciste, et notamment quand
il s'agit de l'Afrique noire où votre implication vainement sollicitée
se caractérise par un silence complice. Délibérément
votre organisation a choisi le parti pris des dictatures et des épurations
ethniques pourtant plus importantes et plus flagrantes que dans les
Balkans.
Dans le cas du Congo?Brazzaville, les dernières déclarations
du médiateur partial, M. Omar Bongo, devraient vous conduire
à prendre vos responsabilités. Il est claire que ses propos
signent sa propre récusation et le disqualifient dans sa tentative
à vouloir s'imposer à tout prix comme médiateur
international.
Vous conviendrez aussi qu'il est inadmissible que le dialogue intercongolais
se déroule dans le pays même du conflit resté sous
l'empire de l'occupation militaire angolaise avec la complicité
de la France. Vous conviendrez, comme l'avoue finalement M. Bongo, que
dans ce pays où règne une dictature militaire féroce,
les conditions de sécurité ne peuvent être réunies.
En conséquence, nous demandons à la communauté
internationale de reconsidérer le cas du Congo?Brazzaville en
nommant une véritable médiation : une médiation
impartiale capable d'aboutir à un véritable dialogue dans
un pays neutre.
Sans ces initiatives de votre part, il est à craindre une reprise
de la guerre au Congo-Brazzaville dont vous porterez, suite à
une négligence déjà si longue, une part de responsabilité.
Croyant en votre implication, soyez, Madame, Monsieur, assuré
de notre reconnaissance à laquelle nous joignons l'expression
de nos sentiments respectueux.
Pour le CCDS
Le Président
Dr Jean-Christophe DENGO
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