COMMUNIQUÉ DU PRÉSIDENT CONSTITUTIONNEL DE LA RÉPUBLIQUE DU CONGO

Londres, le 12 mars 2001

En date du 8 mars 2001, le Président de la République du Gabon, dans le rôle de médiateur international pour le règlement de la crise congolaise, a convoqué sous huitaine, un dialogue pour la paix au Congo, en application des décrets promulgués par le pouvoir autoproclamé.

1 - Le président de la République gabonaise a entériné le choix de Brazzaville, pourtant occupée depuis 4 ans par des troupes étrangères pour abriter le dialogue pour la paix au Congo.

2 - Le président de la République gabonaise a aussi retenu, comme le voulait le régime de Brazzaville, la veille du 24ème anniversaire de l'assassinat du Président Marien NGOUABI par Denis SASSOU NGUESSO, comme date d'ouverture de ce simulacre de dialogue.

3 - Tout en prônant le dialogue, le Président BONGO a au même moment, ordonné l'expulsion et le rapatriement forcé des Congolais réfugiés au Gabon, et ce, en violation flagrante de la Convention de Genève sur les réfugiés et apatrides.

En faisant le jeu du pouvoir de Brazzaville, issu du coup d'état d'octobre 1997, et en ignorant totalement les autorités élues au suffrage universel, le Président de la République du Gabon s'est départi de son rôle de médiateur comme on peut le constater.

La population congolaise persécutée et martyrisée par le pouvoir putschiste récuse une médiation dont la collusion avec la dictature de SASSOU NGUESSO est manifeste et publique.

Elle exige une médiation impartiale et véritablement internationale comme le stipule les accords du 29 décembre 1999, impliquant, préalablement à toute démarche, les représentants de la communauté internationale.

Au nom du peuple congolais qui l'a porté au pouvoir, le Professeur Pascal LISSOUBA demande à Monsieur le Président de la République du Gabon d'arrêter la mascarade prévue le 17 mars 2001 et de se retirer du conflit congolais.

En fait, le stratagème échafaudé par les staliniens du PCT et destiné à légitimer a priori un pouvoir illégal et coupable de massacres, assassinats et autres exactions.

En violant délibérément les accords de Brazzaville le PCT s'apprête comme à l'accoutumée à mettre en place une forme déguisée de candidature unique et une victoire électorale assurée à SASSOU NGUESSO, lui qui avait été vaincu par les urnes en 1992 avec moins de 10% de suffrages réels exprimés.

EN CONSÉQUENCE

Le Président Pascal LISSOUBA dit NON au faux dialogue national qui ne réunira que les partisans et les sympathisants de Denis SASSOU NGUESSO ;
Le Président Pascal LISSOUBA lance un appel patriotique au peuple congolais pour qu'il s'abstienne de participer à la mascarade organisée par le pouvoir putschiste de Brazzaville.
Enfin, le Président démocratiquement élu du Congo Brazzaville demande à la Communauté Internationale une ingérence humanitaire au Congo-Brazzaville en vue d'un règlement urgent de la crise congolaise, par la mise en application des décisions afférentes de l'ONU, de l'OUA et d'autres organisations internationales, notamment :

1. Directive 867 du 24 octobre 1997 des Nations Unies sur le retrait des troupes étrangères [angolaises notamment] du Congo Brazzaville, mercenaires compris.

2. La résolution du sommet des chefs d'État de l'OUA à Harare en 1997 et à Alger en 1999 demandant aux gouvernements issus de coups d'état, un retour à l'ordre constitutionnel et la relance du processus démocratique.

3. Les mesures suivantes sont à prendre :

a) L'envoi immédiat et in situ d'une commission internationale d'enquête sur les violations des droits de l'Homme au Congo Brazzaville ;
b) La mise en place d'un Tribunal Pénal International sur le Congo Brazzaville ;
c) Le déploiement d'une force internationale de maintien de la paix au Congo Brazzaville


Professeur Pascal LISSOUBA

Président Constitutionnel du Congo-Brazzaville