|
En date du 8 mars 2001, le Président
de la République du Gabon, dans le rôle de médiateur
international pour le règlement de la crise congolaise, a
convoqué sous huitaine, un dialogue pour la paix au Congo,
en application des décrets promulgués par le pouvoir
autoproclamé.
1 - Le président de la République gabonaise a entériné
le choix de Brazzaville, pourtant occupée depuis 4 ans par des
troupes étrangères pour abriter le dialogue pour la paix
au Congo.
2 - Le président de la République gabonaise a aussi
retenu, comme le voulait le régime de Brazzaville, la veille
du 24ème anniversaire de l'assassinat du Président
Marien NGOUABI par Denis SASSOU NGUESSO, comme date d'ouverture
de ce simulacre de dialogue.
3 - Tout en prônant le dialogue, le Président BONGO a au
même moment, ordonné l'expulsion et le rapatriement forcé
des Congolais réfugiés au Gabon, et ce, en violation flagrante
de la Convention de Genève sur les réfugiés et
apatrides.
En faisant le jeu du pouvoir de Brazzaville, issu du coup d'état
d'octobre 1997, et en ignorant totalement les autorités élues
au suffrage universel, le Président de la République du
Gabon s'est départi de son rôle de médiateur comme
on peut le constater.
La population congolaise persécutée et martyrisée
par le pouvoir putschiste récuse une médiation dont la
collusion avec la dictature de SASSOU NGUESSO est manifeste et publique.
Elle exige une médiation impartiale et véritablement
internationale comme le stipule les accords du 29 décembre
1999, impliquant, préalablement à toute démarche,
les représentants de la communauté internationale.
Au nom du peuple congolais qui l'a porté au pouvoir, le Professeur
Pascal LISSOUBA demande à Monsieur le Président de la
République du Gabon d'arrêter la mascarade prévue
le 17 mars 2001 et de se retirer du conflit congolais.
En fait, le stratagème échafaudé par les staliniens
du PCT et destiné à légitimer a priori un pouvoir
illégal et coupable de massacres, assassinats et autres exactions.
En violant délibérément les accords de Brazzaville
le PCT s'apprête comme à l'accoutumée à mettre
en place une forme déguisée de candidature unique et une
victoire électorale assurée à SASSOU NGUESSO, lui
qui avait été vaincu par les urnes en 1992 avec moins
de 10% de suffrages réels exprimés.
EN CONSÉQUENCE
Le Président Pascal LISSOUBA dit NON au faux dialogue national
qui ne réunira que les partisans et les sympathisants de Denis
SASSOU NGUESSO ;
Le Président Pascal LISSOUBA lance un appel patriotique au peuple
congolais pour qu'il s'abstienne de participer à la mascarade
organisée par le pouvoir putschiste de Brazzaville.
Enfin, le Président démocratiquement élu du
Congo Brazzaville demande à la Communauté Internationale
une ingérence humanitaire au Congo-Brazzaville en vue d'un
règlement urgent de la crise congolaise, par la mise en application
des décisions afférentes de l'ONU, de l'OUA et d'autres
organisations internationales, notamment :
1.
Directive 867 du 24 octobre 1997 des Nations Unies sur le retrait
des troupes étrangères [angolaises notamment] du Congo
Brazzaville, mercenaires compris.
2. La
résolution du sommet des chefs d'État de l'OUA à
Harare en 1997 et à Alger en 1999 demandant aux gouvernements
issus de coups d'état, un retour à l'ordre constitutionnel
et la relance du processus démocratique.
3. Les
mesures suivantes sont à prendre :
a) L'envoi immédiat et in situ d'une commission internationale
d'enquête sur les violations des droits de l'Homme au Congo Brazzaville
;
b) La mise en place d'un Tribunal Pénal International sur le
Congo Brazzaville ;
c) Le déploiement d'une force internationale de maintien de la
paix au Congo Brazzaville
Professeur Pascal LISSOUBA
Président Constitutionnel du Congo-Brazzaville
|