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Le Gabon est le pays
qui a reçu le plus grand nombre de réfugiés congolais. Lors de l'Assemblée
générale de l'ONU en septembre 1999, le ministre gabonais des Affaires
Étrangères déclarait que son pays abritait 50 000
réfugiés congolais.
Le HCR sur place parle de dizaines de milliers
compte tenu des difficultés d'obtenir des statistiques fiables puisque
certains congolais retrouvent leurs familles, leur lignage, leur clan,
leur ethnie et préfèrent se faire adopter comme des gabonais quant ils
ne choisissent pas la clandestinité pour des raisons de sécurité.
Ces réfugiés sont repartis à travers tout
le Gabon, les principaux centre par ordre d'importance des effectifs
étant : Libreville, Franceville, Tchibanga, Moanda, Mouila, Port-Gentil
etc. Les réfugiés congolais se sont montrés très actifs depuis 1997
et surtout avec leur " Lettre collective " du 6 mai 1999 à Madame OGATHA.
Ce qui a permis notamment :
de garder la confiance des autorités gabonaises compétentes ( en particulier
après des rencontres avec les membres du gouvernement)
d'obtenir un renforcement conséquent des moyens et des missions du HCR
au Gabon avec la création d'un poste de Délégué du HCR aujourd'hui à
Libreville, poste. depuis février 2000, occupé par un titulaire officiel
lequel travaille avec des antennes à Franceville et Tchibanga.
d'obtenir la mobilisation des diverses ONG locales, en particulier
CARITAS et l'Église Catholique, de même que " Handicape International
", devenu l'auxiliaire du HCR pour les problèmes sociaux. Mais un
bilan en Mai 2000, permet de constater les faits suivants :
1 -
l'aide humanitaire n'est pas significative et encore moins systématique.
Le journal gabonais " L'UNION " du 12 mai 2000 a d'ailleurs fait
état des doléances des réfugiés oubliés du Congo-Brazzaville dans
la ville de Mouila. Malgré le concours financier de nombreux pays
partenaires (Chine, Italie, France, États-Unis, Espagne,
Allemagne, etc.), la précarité reste le lot quotidien des réfugiés
congolais au Gabon.
2 -
La précarité apparaît comme un phénomène extérieur surtout depuis Janvier
2000 puisque divers milieux font croire que " les réfugiés peuvent rentrer
chez eux, car la guerre est finie ".
C'est d'ailleurs ces milieux qui ont organisé
à Libreville avec tambours et trompettes une vaste opération de charme
d'une part à travers deux journées dites " d'Action de Grâce pour l'œuvre
de Restauration et de Guérison du Congo-Brazza " le 11 et 12 Mai 2000
sous couvert d'une certaine " Communauté chrétienne " et d'autre part
à travers deux " Banquets officiels de la Paix " offerts l'un le 23
Mai 2000 à l'hôtel international " Okoumé Palace " de Libreville et
l'autre la dimanche 14 Mai 2000 à l'Ambassade du Congo-Brazza.
Des sources sérieuses indiquent que ces mêmes
milieux prévoient d'organiser un vol spécial sur Brazzaville en juin
2000 avec un avion rempli de réfugiés qui " rentrent chez eux, puisque
la paix est revenue ".
La quasi-totalité des réfugiés congolais du
Gabon est surprise par cette opération qui est complètement ignorée
par le HCR. Et quand on constate que les drapeaux congolais et gabonais
figurent sur les cartes d'invitation aux journées d'Action de grâce
et aux banquets, on peut légitimement se demander quelles autorités
officielles se cachent derrière la dite " Communauté chrétienne ".
Il n'est nullement besoin de pousser l'analyse
plus loin pour comprendre que les réfugies congolais au Gabon sont aujourd'hui
la cible privilégiée de certains officiels qui, au mépris des règles
du Droit International que doit appliquer le HCR, s'acharnent à présenter
l'affaire du conflit et du processus de paix au Congo-Brazza comme une
affaire de " linge sale qui se lave en famille ".
Et pourquoi ne pas attendre le " Dialogue
National sans Exclusive " ? Nous reviendrons, dans notre prochain numéro
sur les conséquences et le sens de ces opérations de manipulation qui
concernent les réfugiés congolais à travers le monde.
Nous essaierons de préciser la procédure à
suivre pour le retour des réfugiés chez eux d'après la Convention de
Genève de 1954 et d'après la Convention de l'OUA de 1974.
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