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AVANT PROPOS
Dans le contexte d'un ciel démocratique,
serein et dégagé, d'un horizon sans nuages et d'une visibilité très
bonne, Monsieur Sassou Nguesso, cet homme à la solde des intérêts étrangers
prend le pouvoir par la force, conscient de ne pouvoir y accéder par
la voie normale des urnes.
Comme en 1979 où il dût se mettre au service du pétrodollar, le
voici qui, à l'annonce du boom pétrolier à la Congolaise, se porte
vers ses maîtres pour obtenir d'eux qu'ils le soutiennent et le
parrainent en finançant ses actes criminels d'atteinte à la sûreté
de l'État. Une guerre fratricide s'en suit et Sassou, cet
ancien chef d'État, à la grande honte du peuple congolais,
choisit Je parti de faire occuper son pays par des forces militaires
étrangères.
Que vaut un pouvoir que l'on obtient non pas avec des moyens nationaux
mais, fort curieusement, avec ceux de l'extérieur.
Les Thierry De Saussez et autres aventuriers, les mercenaires, l'armée
angolaise, ces messieurs des coups bas, certains médias étrangers
aux relents néocolonialistes ! Voilà qui fait la victoire de Sassou
et qui constitue, de fait, le nouveau peuple congolais. Celui-ci
aurait bénéficié du transfert mécanique, vers lui, des compétences
du peuple authentique du Congo.
N'est-ce pas que le destin du Congo est désormais entre leurs mains
? Eux, qui du Congo, ont pouvoir sur tout, notamment le monopole de
dire la vérité et de faire une lecture du drame congolais selon le prisme
d'une logique, prompte à créer les conditions d'une " recolonisation
" qui ne s'assume pas.
La démocratie n'était pas en panne au Congo. Elle était en marche.
Il faut être de ces messieurs pour croire qu'une œuvre humaine de cette
importance pouvait se réaliser sans difficultés et sans jamais avoir
à réajuster selon les formes requises du droit.
La démocratie est une œuvre humaine. Elle est un projet qui se conçoit,
s'élabore et s'exécute selon les modalités pertinentes
d'une perpétuelle remise en cause et selon les procédures qu'implique
une dynamique qui se structure, se conforte et
se renouvelle toujours.
Il faut être, une fois de plus, ces messieurs, pour croire qu'une telle
œuvre revêtirait dès sa création, le caractère immuable du rapport
homme/Dieu, nature/Dieu et homme/nature/Dieu.
Nous devons contester, rejeter haut et fort, avec Georges Moustaki
:
la légitimité
des guerres
la justice
qui tue et la mort qui punit
les consciences
qui dorment au fond de leur lit
la civilisation
au bras des mercenaires.
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