CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE
COMITÉ DIRECTEUR NATIONAL RÉPUBLIQUE DU CONGO
Unité-Travail-Progrès
La signature de l'accord de cessez-le-feu
et de cessation des hostilités le 29 décembre 1999 à
Brazzaville entre le Haut Commandement de la Force Publique mandaté
par le gouvernement d'une part et le Haut.
Commandement de la Force d'Auto-Défense de la Résistance
(FADR) mandaté par le Conseil National de la Résistance
(CNR) d'autre part, sous le haut patronage de son excellence El Hadj
Omar BONGO, Président de la république gabonaise, médiateur
international dans la crise congolaise, a généré
une paix relative et redonner espoir au peuple congolais.
Cet accord de portée internationale qui a mis fin aux affrontements
armés très meurtriers prévoit aussi les modalités
de règlement de la crise politique afin d'engager le Congo dans
la voie de la paix, de la réconciliation nationale et de la restauration
de la démocratie pluraliste.
La lecture simple de l'article 13 de l'accord du 29 décembre
1999 qui dispose "les signataires du présent Accord conviennent
de recommander à Son Excellence El Hadj Omar BONGO, médiateur
international de poursuivre ses efforts en faveur de la paix en Afrique
et particulièrement en république du Congo, en organisant
dès que possible avec le concours de la communauté internationale
le Dialogue National Sans Exclusive en vue d'une paix durable en république
du Congo-Brazzaville", montre que la convocation et l'organisation
du Dialogue National sans Exclusive sont de la compétence exclusive
du médiateur international appuyé par la communauté
internationale.
Lors de sa visite de travail à Brazzaville, le médiateur
international a accordé le 22 Octobre 2000 une audience au CNR
au cours de laquelle, le dépôt du rapport final du comité
de suivi était la condition sine qua non à la convocation
du Dialogue National sans Exclusive.
A cette même occasion, dans un souci d'équité,
le CNR avait proposé au médiateur international, la mise
en place d'une commission préparatoire au Dialogue National Sans
Exclusive incluant le CNR, le gouvernement et les autres forces vives
de la nation.
Les membres du comité de suivi des accords de paix au Congo,
réunis en assemblée générale à Pointe-Noire
du 29 novembre au 1er décembre 2000, avaient, dans leur rapport
final d'activités et leur communiqué final, recommandé
au médiateur international de convoquer le Dialogue National
Sans Exclusive conformément à l'esprit et à la
lettre de l'article 13 de l'accord du 29 décembre 1999 à
Brazzaville.
Malheureusement, au moment où les Congolais attendent la convocation
du Dialogue National Sans Exclusive par le médiateur international
qui définirait de façon consensuelle une période
transitoire et les institutions qui vont la régir, le CNR constate
avec amertume que le gouvernement s'est auto-proclamé organisateur
dudit Dialogue dépouillé de toutes substances.
En effet, le Gouvernement s'emploie cyniquement à organiser
un dialogue qui tient compte de ses intérêts machiavéliques,
bafouant ainsi la volonté de l'ensemble du peuple congolais de
voir le climat politique s'éclaircir et les protagonistes de
la crise congolaise se parler et trouver des solutions aux problèmes
qui minent le Congo.
Il s'illustre, par ailleurs, par son obstination à faire de
ce grand rendez-vous du peuple congolais, un congrès du PCT et
des FDU, remettant au goût du jour, les méthodes d'un autre
âge pour la gestion de la cité.
Le CNR s'indigne de l'activisme du gouvernement d'autant plus que celui
ci s'est lancé dans un processus de découpage électoral
et de recensement de la population en vue de l'établissement
des listes électorales, le tout couplé au retrait unilatéral
des détachements mixtes et paritaires(FAC-FADR)et leur remplacement
par les unités spéciales pro gouvernementales, appuyées
par les troupes étrangères(Angolaises, des milices interwandaises
ex FAR, ex FAZ
) dans les régions précédemment
en conflit, qui terrorisent, crispent les populations et créent
les conditions d'une tricherie aux futures consultations électorales.
En outre, le CNR dénonce le recrutement à la sauvette
et dis proportionnel de plus de quatorze mille miliciens du pouvoir
contre mille projetés pour les FADR, et l'incorporation dans
la force publique des milices rwandaises interamwées.
L'organisation tous azimuts des forums des jeunes, des femmes, des
sages avec des motions de soutien à l'avenant et des résolutions
allant toutes dans la même direction, à savoir : le soutien
à l'actuel chef de l'État comme candidat unique contraste
avec le discours du pouvoir qui proclame urbi et orbi sa volonté
d'aller vers une authentique démocratie.
De même, les dialogues régionaux dits " débats
citoyens " sont une escroquerie politique dans la mesure où
les représentants du peuple que sont les conseils locaux ont
été dissout par le pouvoir actuel depuis 1997.
Le CNR rappelle à son Excellence El Hadj Omar BONGO médiateur
international, à l'opinion nationale et internationale que le
Dialogue National Sans Exclusive n'a jamais été la volonté
du Gouvernement mais plutôt celle des partis signataires de l'accord
du 29 décembre 1999 à Brazzaville.
Le CNR informe l'opinion nationale et internationale qu'aucun des ses
membres n'a été mandaté et dénonce la nomination
des membres du CNR dans les différentes commissions du Dialogue
National misent en place par le gouvernement de Brazzaville.
Le CNR déplore l'attitude partisane des médias d'état
qui s'illustrent par une propagande de nature à compromettre
le processus de paix engagé dans le pays.
De même, le CNR dénonce le bâillonnement de la presse
écrite par le gouvernement en contradiction flagrante avec l'article
12 de l'accord de Brazzaville.
En conséquence, en sa qualité du cosignataire de l'accord
du 29 décembre 1999 signé à Brazzaville et soucieux
de préserver les acquis du processus de paix engagé depuis
le 29/12/1999, le CNR rejette en bloc la démarche conflictuelle
et unilatérale du Gouvernement relative à l'organisation
du Dialogue National.
Par ailleurs, le CNR réaffirme que seul le médiateur
international, son Excellence El Hadj Omar BONGO, Président de
la République Gabonaise, avec le concours de la communauté
internationale est habilité à convoquer et à organiser
en concertation avec le gouvernement de Brazzaville et le CNR le Dialogue
National Sans Exclusive.
C'est dans ce sens qu'une délégation du CNR a remis le
11/02/2001 à Libreville au médiateur international, des
propositions relatives à la convocation et à l'organisation
du Dialogue National Sans Exclusive.
Par conséquent, le CNR demande à son excellence El Hadj
Omar BONGO Président de la République Gabonaise, médiateur
international de ne pas céder à la fuite en avant du Gouvernement
car, le Dialogue National tel que organisé par celui-ci, sort
de l'esprit et de la lettre de l'article 13 de l'accord du 29 décembre
1999 signé à Brazzaville.
La démarche du gouvernement vise à semer le doute, à
discréditer et à marginaliser le médiateur international
dont la présence à cette espièglerie n'aurait pour
conséquence que de le disqualifier de la suite du dossier congolais,
ce qui ne saurait être le voeu du CNR.
Aussi, face à la misère et à la lassitude du peuple
congolais, le CNR suggère t-il au médiateur international
la convocation rapide d'une réunion de concertation entre le
CNR et le Gouvernement en vue de la mise en place d'une commission préparatoire
du Dialogue National Sans exclusive placée sous son autorité.
Le CNR rappelle au Médiateur International les engagements pris
à Libreville en décembre 1999 de faciliter les retraits
des troupes étrangères, et lui demande, de concert avec
la communauté internationale, d'assurer la sécurité
et de garantir l'immunité des participants au Dialogue National
Sans Exclusive.
Ce Dialogue permettra à la raison de prendre l'ascendance sur
la bêtise, l'unité sur la ségrégation, l'intérêt
général sur l'égocentrisme, la nation sur la région,
et surtout la paix sur la guerre. Aussi, le Congo cessera d'être
producteur des orphelins, des sinistrés, des frustrés,
des déplacés, des exilés etc
Devant l'instabilité politique du Congo-Brazzaville et les problèmes
géostratégiques qui peuvent avoir des conséquences
néfastes sur toute l'Afrique Centrale, le CNR demande à
la communauté internationale, notamment à l'ONU, l'OUA,
l'UE, à la France et aux USA de ne pas cautionner la démarche
gouvernementale et de s'impliquer davantage au côté du
médiateur international, son Excellence El Hadj Omar BONGO, dans
l'organisation du Dialogue National Sans Exclusive conformément
à l'article 13 de l'accord du 29/12/1999 signé à
Brazzaville.
Le CNR rappelle à Monsieur le Président de la République
du Congo, son Excellence Denis Sassou NGUESSO, qu'il est co-signataire
de l'accord de cessez-le feu et de cessation des hostilités du
29/12/1999 signé à Brazzaville, dont l'article 14 dispose
"les parties signataires se déclarent pleinement liées
par les termes du présent accord et s'engagent à le mettre
intégralement en uvre".
Tout en réaffirmant son attachement à la paix, la réconciliation
nationale et la restauration de la démocratie pluraliste au Congo
Brazzaville, le CNR lance un vibrant appel à toutes les forces
vives nationales afin qu'elles ne se laissent pas duper par la démarche
conflictuelle et monolithique du Gouvernement de Brazzaville qui tend
à remettre en cause l'esprit du consensus et le processus de
paix engagé dans notre pays.
Il les exhorte à soutenir son action qui milite pour l'organisation
du Dialogue National Sans Exclusive, car seul le dit Dialogue peut jeter
les bases d'une paix durable, satisfaisante pour l'ensemble du peuple
congolais.
Fait à Sibiti le 06 mars 2001
LE COMITE DIRECTEUR NATIONAL DU CNR
REUNI EN SESSION EXTRAORDINAIRE
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