DÉCLARATION
DU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE
CONSEIL NATIONAL
DE LA RÉSISTANCE
PRÉSIDENCE
N°094/CNR/PR

Depuis la signature de l'Accord de Cessez-le-feu et la Cessation des hostilités le 29 Décembre 1999 à Brazzaville sous le haut patronage de son Excellence El Hadj Omar Bongo, Médiateur international, le Conseil National de la Résistance dont j'ai la charge de présider les destinées note de nombreux vice tant de procédure que de forme dans la gestion dudit Accord.

Le Médiateur, lors de sa visite de travail à Brazzaville nous a accordé une audience à l'issue de laquelle le dépôt du rapport final du Comité de suivi était la condition sine qua non à la convocation du Dialogue National sans Exclusive conformément à l'article 13 de l'Accord de Cessez-le-feu et de Cessation des hostilités en République du Congo.

Le rapport final ayant été adopté en début Décembre 2000 par le Comité de Suivi se trouve déjà entre les mains du Médiateur et marque la fin tacite de l'existence juridique dudit organe. C'est dans cette perspective que s 'impose le convocation en session extraordinaire des parties signataires par le Médiateur conformément à ses compétences arbitrales en vue d'harmoniser les propositions politiques des parties en conflit.

Or, nous constatons avec amertume le silence coupable et partisan du Médiateur dont les pouvoirs arbitraux concédés par les deux parties signataires sont usurpés par le Gouvernement de Brazzaville ;

Nous rappelons que l'Accord de Cessez-le-feu et de Cessation des Hostilités a été signé conformément aux principes généraux de droit. Il doit être exécuté de bonne foi. Toutes motivations extra juridiques y relatives doivent revêtir le caractère consentement mutuel.

Les manœuvres dilatoires et dolosives du Gouvernement de Brazzaville n'honorent pas le bon sens et sapent le processus de paix engagé.

A cet effet, le Gouvernement de Brazzaville porte atteinte de manière intentionnelle aux dispositions de l'article 13 qui stipule : " Les signataires du présent Accord conviennent de recommander à son Excellence El Hadj Omar Bongo, Président de la République Gabonaise , en sa qualité de Médiateur international de poursuivre ses efforts en faveur de la paix en Afrique et particulièrement e République du Congo en organisant dès que possible avec le concours de la Communauté international, le Dialogue National sans Exclusive en vue d'une paix durable et du retour de la démocratie en République du Congo-Brazzaville ".

E l'espèce, le Gouvernement de Brazzaville et le Conseil National de la Résistance , en leur qualité de signataires doivent recommander leurs vues consensuelles au Médiateur en lui concédant toute l'organisation avec le concours de la Communauté internationale du rendez-vous tant attendu par le peuple congolais : Le dialogue National sans Exclusive.
Le Conseil National de la Résistance , devant l'instabilité qui gagne le pays et des problèmes géostratégiques qui peuvent avoir des conséquences néfastes sur toute l'Afrique centrale interpelle le Médiateur qui ne peut se complaire à la mauvaise gestion du processus de paix au Congo-Brazzaville de prendre toutes ses responsabilités face à un Gouvernement de Brazzaville qui engage le Dialogue à sa mesure notamment dans les zones en conflit où les troupes étrangères commettent des viols, vols, assassinats sur les paisibles populations.

En effet, conformément aux dispositions du chapitre 4 relatif à la Force publique " la stabilité politique et la paix dépendent étroitement des solutions apportées aux problèmes de sécurité en général et de la Force publique en particulier ". Et, tenant compte des rencontres y relatives à Vindza pendant trois (3) jours avec les représentants personnels du Président de la République du Congo-Brazzaville [autoproclaméNDRL] Denis Sassou Nguesso, les nommés Colonel OMBERET et Capitaine ALELY, le 26 Décembre 2000 et le Général Gilbert MOKOKI pendant une journée le 27 Janvier 2001, le CNR a été en pourparlers sur le règlement de la question sécuritaire d'importance capitale pour le bon déroulement des assises du Dialogue National sans Exclusive.

C'est dans cette perspective qu'il a été décidé conjointement le recrutement automatique des Forces mixtes de sécurité sur la base d'un quota paritaire : mille cinq cent (1500) pour la FADR.

Le CNR soucieux de préserver las acquis de paix dénonce tout fait quelconque de nature à penser que les membres du Comité de Suivi ont compétence à engager le CNR auprès du Gouvernement de Brazzaville. Étant un mouvement organisé, le Président est seul juge en dernier ressort des décisions y relatives.

En dépit de la partialité qui caractérise les représentants du Médiateur international, nous savons compter sur la sagesse de son Excellence El Hadj Omar Bongo, et, lui priant de demeurer au-dessus de la mêler et de se conformer strictement aux dispositions de l'article 13 de l'Accord de Brazzaville. Le règlement de la crise congolaise est un gage incontournable de paix et de la stabilité dans la sous-région.

Ne dit-on pas que la case du voisin brûlant, il faut apporter de l'eau ?

Fait à Vindza le 19 Février 2001

Ie Président
Du Conseil National de la Résistance