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Pouvoir et opposition divisés sur la portée
du dialogue à Brazzaville
(AVANT-PAPIER)
BRAZZAVILLE, 15 mars (AFP) - 11h46 - Le pouvoir et l'opposition
du Congo-Brazzaville apparaissent profondément divisés
sur la portée du " dialogue national " qui doit s'ouvrir
en principe samedi dans la capitale congolaise pour sceller la "
réconciliation " après une décennie de combats
meurtriers.
Plusieurs tendances de l'opposition ont débuté mercredi
à Libreville, avec le président gabonais, Omar Bongo,
médiateur dans le conflit, d'intenses discussions sur le contenu
du " dialogue " et certaines délégations ont
sollicité un report de l'ouverture des travaux.
Prévu par les accords de paix signés en décembre
1999 sous l'égide de M. Bongo, le dialogue est destiné,
selon ces accords, à réconcilier les Congolais et à
relancer le processus démocratique pour en finir avec la culture
de violence qui a entraîné trois guerres civiles successives
pendant les années 90.
Les accords ont permis de mettre de fin à plusieurs mois d'affrontements
entre les troupes gouvernementales, appuyées par l'armée
angolaise, et des milices rebelles proches de l'ancien président
Pascal Lissouba et de son dernier Premier ministre, Bernard Kolélas.
En février, le gouvernement du président Denis Sassou
Nguesso a annoncé qu'il organiserait le dialogue dès le
17 mars pour examiner son projet de nouvelle constitution et préparer
les futures élections générales.
Il a mis en place une commission d'organisation composée essentiellement
de ministres et de personnalités choisies en fonction de leur
compétence. Cette commission, dont ne font pas partie les partis
d'opposition, est chargée aussi d'élaborer la liste des
participants et de déterminer les critères de participation
au dialogue.
Le gouvernement a, en même temps, publié un calendrier
du dialogue qui se déroulerait en deux phases après l'ouverture
solennelle du 17 mars: un débat décentralisé dans
les régions et communes suivi d'une convention nationale à
Brazzaville.
" L'initiative de l'organisation du dialogue revient prioritairement
au gouvernement ", a déclaré à l'AFP Jacques
Banangandzala, dirigeant des forces démocratiques unies (FDU,
proches du président Sassou Nguesso).
Déniant au gouvernement le pouvoir d'organiser le dialogue,
une coalition de 16 partis d'opposition intérieure et un collectif
des exilés basés en France, regroupés au sein d'un
front pour le dialogue et la réconciliation nationale ont rejeté
en bloc le calendrier du gouvernement.
Le Rassemblement pour la démocratie et la république (RDR,
indépendant) du général à la retraite Raymond
Damase Ngollo a lui adressé au président Bongo son propre
" schéma de dialogue ".
Selon ce texte publié dans la presse congolaise, " le dialogue
doit nous conduire vers une transition consensuelle dirigée par
Sassou Nguesso, avec un Premier ministre issu d'un consensus, un Parlement
de consensus et des élections transparentes ".
De son côté, le Conseil national de la résistance
(CNR), un des principaux mouvements miliciens rebelles, co-signataire
des accords de paix, a accusé dans une déclaration publiée
le 6 mars le gouvernement de s'être " auto-proclamé
organisateur du dialogue dépouillé de toute substance
".
Dans cette déclaration, le CNR a affirmé avoir remis
début février ses propres propositions au président
Bongo.
Celui-ci avait invité en fin de semaine dernière, par
l'intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères,
Jean Ping, les forces politiques congolaises pour connaître les
modalités d'organisation du dialogue et sortir de l'impasse.
Dialogue intercongolais: création
d'un comité technique
LIBREVILLE, 15 mars (AFP) - 12h17 -
La médiation gabonaise a décidé de
créer un comité technique pour faciliter le dialogue entre
le régime de Brazzaville et les différents mouvements
de l'opposition congolaise, a-t-on appris jeudi de source officielle
à Libreville.
Au terme d'intenses discussions mercredi dans la capitale
gabonaise entre le médiateur Omar Bongo et les opposants congolais,
" toutes les parties se sont accordées sur le principe de
la création d'un comité technique placé sous l'égide
du médiateur ", a indiqué la médiation dans
un communiqué.
Les missions et la composition de ce comité restent
à définir avec le gouvernement de Brazzaville, a-t-on
indiqué de source officielle.
Il devrait s'agir d'une instance " paritaire "
associant les autorités de Brazzaville et l'opposition congolaise,
sous la présidence de la médiation gabonaise, a-t-on
précisé de même source.
La création d'un tel comité faisait partie des revendications
essentielles de la quasi-totalité des mouvements d'opposition
congolais représentés mercredi à Libreville.
Selon le communiqué de la médiation gabonaise, "
une large majorité des délégations reçues
a exprimé sa volonté de prendre part au dialogue national
sans exclusive " qui doit débuter samedi 17 mars à
Brazzaville.
Ce dialogue devant déboucher, selon l'opposition,
sur une nouvelle transition et le rétablissement de la démocratie,
est prévu par les accords de cessation des hostilités
signés le 29 décembre 1999 à Brazzaville entre
les troupes gouvernementales et les milices rebelles.
Plusieurs représentants de l'opposition congolaise ont indiqué
jeudi matin à l'AFP qu'ils ne feront pas le déplacement
de Brazzaville.
Le président Omar Bongo et son ministre des Affaires
étrangères Jean Ping devaient pour leur part rejoindre
la capitale congolaise jeudi après-midi, a annoncé
le protocole d'État gabonais.
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