ESPACE DE RÉFLEXION
ET D'ACTION POUR LA DÉMOCRATIE AU CONGO-BRAZZAVILLE (E.R.A.D)
1.- L'Assemblée
générale de L'E.R.A.D réunie cinq mois après
l'échec du Dialogue national sans exclusive, se tient à
un moment où la crise congolaise est loin d'être
résolue.
En effet, la paix de façade et le chantage à l'insécurité
brandis par les autorités auto-proclamées de Brazzaville
comme gage d'apaisement du climat politique et social, ne sauraient
masquer les contradictions profondes et le refus catégorique
à tout dialogue qui caractérisent l'action du régime
de Brazzaville depuis sa prise du pouvoir par les armes et la restauration
de la dictature au Congo-Brazzaville.
Depuis lors, notre pays est devenu un champ clos où les crimes
les plus crapuleux demeurent impunis et où continue de régner,
de manière endémique, la terreur d'État et l'insécurité.
Cette situation est aggravée par la poursuite de l'occupation
du pays par l'armée angolaise et les mercenaires de toutes
origines.
En dépit de la persistance de cette crise grave, le pouvoir
de Brazzaville préfère la fuite en avant et s'obstine
à engager de façon unilatérale, le processus
électoral (référendum constitutionnel, recensement
administratif, détermination du calendrier électoral
),
et ce malgré les protestations de l'opposition congolaise et
de la communauté internationale.
En effet, dans sa quête obstinée de la légitimité
et d'une reconnaissance internationale après son coup d'État
de 1997 et l'échec du Dialogue national sans exclusive de mars-avril
2001, le pouvoir auto-proclamé de Brazzaville est entrain d'organiser
unilatéralement un recensement dit administratif, mais qui
est en réalité destiné à établir
des fausses listes électorales avec de faux électeurs,
pour préparer les fraudes massives qui lui garantiront une
fausse victoire électorale. Ce recensement qui n'obéit
ni aux standards internationaux, ni au normes déjà éprouvées
dans notre pays, dévoile les intentions réelles de M.
Denis SASSOU NGUESSO de légitimer son coup d'État sanglant
du 5 juin 1997.
Face à la volonté du pouvoir illégitime de Brazzaville
de perpétuer la confiscation de la démocratie en République
du Congo, l'E.R.A.D rejette d'avance les résultats qui découleront
de ce recensement. L'E.R.A.D précise que tout recensement électoral
doit se dérouler de façon paritaire, en amont comme
en aval, entre le pouvoir de Brazzaville, les partis politiques de
l'opposition et la société civile.
A cet effet, l'E.R.A.D subordonne l'organisation des élections
au départ de toutes les troupes étrangères du
Congo et à une solution politique négociée, sous
les auspices de la Communauté internationale.
Par conséquent, l'E.R.A.D rejette :
==> le projet de constitution élaboré unilatéralement
par le régime de Brazzaville ;
==> les opérations de recensement administratif en particulier
et le processus électoral en général tels qu'engagés
par pouvoir de Brazzaville ;
==> les résolutions de la convention nationale signée
lors de la mascarade du dialogue national de mars-avril 2001.
2.- S'agissant de la
douloureuse affaire des 400 disparus du Beach de Brazzaville, l'E.R.A.D
exprime son indignation face au mépris intolérable avec
lequel le pouvoir de Brazzaville réagit et traite ce problème.
A cet effet, l'E.R.A.D demande que le Secrétaire Général
de l'O.N.U, dont dépend le Haut Commissariat aux Réfugiés,
institue une commission internationale d'enquête dont le but
serait d'une part de faire la lumière sur ces crimes, et d'autre
part d'établir les responsabilités du H.C.R et du pouvoir
de Brazzaville dans cette grave affaire.
3.- Par ailleurs, l'E.R.A.D
soutient totalement l'action engagée par les familles des disparus
dans leur volonté de saisir la justice internationale pour
que les auteurs de ces crimes soient recherchés, jugés
et sanctionnés.
4.- L'E.R.A.D salut
et soutient le travail de l'Observatoire Congolais des Droits de l'Homme
(O.C.D.H) dans cette affaire, et l'encourage à poursuivre son
action pour la défense des droits de l'Homme en République
du Congo.
5.- S'agissant
enfin des ressources pétrolières, l'E.R.A.D constate
avec indignation qu'une opacité entoure la gestion des revenus
pétroliers de notre pays. Celle-ci s'apparente à une
pillage au profit de la minorité actuellement au pouvoir. L'E.R.A.D
condamne donc cette pratique qui paupérise encore davantage
la majorité des populations congolaises, et exige à
cet effet la transparence dans la gestion en demandant aux partenaires
financiers du Congo dont la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire
International de prendre les mesures qui s'imposent.
6.- Eu
égard à ce qui précède, l'E.R.A.D entend
développer, en étroite collaboration avec toutes les
autres forces de l'opposition et de la Société civile,
une série d'actions visant à intensifier la pression
politique et diplomatique sur la communauté internationale,
l'Union Européenne, les autorités françaises
et l'Union Africaine, en vue de contraindre le pouvoir auto-proclamé
de Brazzaville à un vrai dialogue sans exclusive, condition
sine qua non d'une vraie transition démocratique, d'une paix
durable et d'une démocratie véritable en République
du Congo.
Fait à Paris, le 12 Août 2001.