E.R.A.D : PROPOSITION DE PLATE-FORME POLITIQUE

ESPACE DE RÉFLEXION ET D'ACTION POUR LA DÉMOCRATIE
AU CONGO-BRAZZAVILLE


Le 15 Octobre 1997 restera, à jamais, gravé dans la mémoire collective du peuple congolais, comme le début de la période la plus noire de l'histoire de notre pays. Une longue période dont nous ignorons encore la fin, mais qui a déjà lourdement et injustement endeuillé nos familles.

Des hommes, des femmes, des jeunes et des enfants pleurent encore, parce que la guerre qui leur a été imposée leur a arraché des êtres chers et dont la plupart manquent encore de sépulture décente.

Nous nous inclinons très respectueusement devant la mémoire de toutes ces victimes innocentes, et nous prenons l'engagement de rendre justice à leur mémoire !

Cher frère et soeur,

Le 15 Octobre 1997, sera aussi et surtout une date qui a anéanti tous les espoirs de tout un peuple dans sa longue quête de la démocratie. Notre démocratie, si chèrement acquise grâce à la lutte acharnée de toutes les forces vives de la Nation rassemblées lors de la Conférence Nationale Souveraine de 1991, était encore à ses premiers balbutiements, lorsque le général Sassou-Nguesso, avec l'aide de l'armée angolaise et des mercenaires de diverses origines, a brutalement interrompu son évolution. A la place des institutions issues des premières élections démocratiques de 1992, le général Sassou-Nguesso a substitué une dictature sanguinaire.

Face ce défi, la Résistance démocratique n'a pas encore enregistré des résultats probants. Son bilan est globalement décevant. Il est d'autant plus décevant qu'il a permis au régime illégitime de se maintenir, tandis que l'absence de concertation, la multiplication des chapelles, la guerre de leadership et les querelles de personnes ont caractérisé notre lutte, marquée par ailleurs par des trahisons à répétition et par des ralliements " alimentaires " d'anciens dignitaires, au régime illégitime de Brazzaville.

Cher frère et soeur,

A la lumière de ce qui précède et dans le cadre d'un sursaut national, nous vous adressons le présent projet de plate-forme politique. Grâce à cette plate-forme politique commune, nous espérons qu'i nous sera possible de reprendre l'initiative et de revigorer dans l'unité, notre combat pour la restauration de la démocratie dans notre cher pays.

Pour cela, nous ne devons pas nous tromper d'adversaire. En effet, malgré nos contradictions internes propres à la nature humaine, celui-ci ne se trouve pas parmi nous, mais il est en face de nous : c'est le régime auto-proclamé du général Dénis SASSOU-NGUESSO. Pour le combattre et le vaincre, notre seule arme est l'union !

Ce projet de plate-forme est encore un ouvrage en chantier. Mais il s'agit d'un chantier ouvert à tous et où chacun doit apporter sa pierre, afin qu'il soit enrichi de vos critiques et amendements pertinents. Il nécessite donc une large concertation de toutes les forces vives de la Résistance, c'est-à-dire de l'ensemble des partis, associations, collectifs et individualités qui contribuent à l'action de la Résistance.

A cet égard, et après consultations, nous nous proposons d'organiser ultérieurement des réunions auxquelles nous ne doutons pas que vous prendrez activement part, afin de doter la Résistance démocratique d'une base programmatique, nécessaire à la poursuite de notre lutte. Les partis de l'intérieur, l'ont bien compris et viennent de se regrouper au sein de " l'opposition plurielle ". En procédant ainsi, ils nous indiquent indiscutablement l'exemple à suivre.

Votre adhésion à cette démarche et votre contribution sont donc vivement attendues, afin que vivent à jamais, la démocratie et la République !
Dans cette attente, veuillez agréer, très cher frère, l'expression de notre fraternelle considération.

Paris le, 1er décembre 2001

Ange-Édouard Poungui
Président