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F.P.D.R.N.
FRONT PATRIOTIQUE POUR LE DIALOGUE ET LA
RÉCONCILIATION NATIONALE
2, Cour des Juiliottes
F-94700 Maisons-Alfort, France
Maisons-Alfort, le 19 mars 2001
Monsieur le Président de la République
A la suite de votre communiqué du 8 mars 2001 invitant, en
qualité de Médiateur International, les parties intéressées
au règlement de la crise politique congolaise à faire
des propositions, le Front patriotique pour le dialogue et la réconciliation
nationale, soucieux de contribuer à la mise en uvre des
stipulations de l'accord de cessation des hostilités et de cessez-le-feu
du 29 décembre 1999, a envoyé une délégation
à Libreville.
Celle-ci vous a remis, le mercredi 14 mars 2001, les propositions de
notre organisation relativement au dialogue national sans exclusive.
Nous tenons à vous remercier très sincèrement de
la chaleur de l'accueil que vous avez réservé à
nos délégués et pour les facilités que vous
avez mises à leur disposition afin de rendre aussi utile qu'agréable,
leur bref séjour dans la capitale gabonaise.
A la suite de cette rencontre de Libreville, nous avons salué
l'acceptation du principe de créer près la médiation
internationale un comité technique paritaire.
Aujourd'hui, nous venons de prendre connaissance de la décision
que vous avez prise d'instituer cet organe. En même temps, nous
découvrons le décret nommant les membres de la commission
d'organisation que le gouvernement de Brazzaville, partie au conflit,
a cru devoir prendre, en application de votre décision.
L'examen de ces deux textes appelle de notre part les observations
ci-après :
Décision portant création du Comité
Technique du Dialogue national sans Exclusive
1 - Mission du comité technique :
Aux termes de la concertation de Libreville, il nous est apparu, que
le Comité technique devrait avoir pour mission essentielle, d'examiner
toutes les questions qui doivent faire l'objet du dialogue national
sans exclusive et de rechercher, pour chacune d'elles, des éléments
de consensus à soumettre au médiateur. Il s'agit notamment,
des questions liées au nombre de participants, aux critères
de participation, au lieu de la tenue du dialogue, à la durée
de celle-ci, au financement, à la sécurité, à
l'ordre du jour, etc.
Ces attributions n'apparaissent pas dans votre décision ; tout
comme elle ne prend pas en compte les propositions que nous vous avons
soumises à Libreville. Elle consacre le schéma de dialogue
que le pouvoir de Brazzaville a élaboré et qu'il s'efforce
d'imposer aux autres protagonistes.
2 - Composition du comité technique :
A défaut d'être strictement paritaire, la composition
du comité devrait être, à tout le moins, équilibrée
et refléter le poids relatif de chacune des composantes des
parties au conflit. Nous relevons avec étonnement, à
l'article 5, le nombre exagérément élevé
des représentants du pouvoir de Brazzaville : 14 membres
du gouvernement et 6 des FDU.
Les représentants du pouvoir se trouvent également parmi
les membres ci-après : les 6 signataires de l'accord de
Pointe-Noire, les 7 réservés à la société
civile, les 4 individualités et les 3 de la commission
constitutionnelle.
3 - Commission d'organisation :
S'agissant d'un organe technique, dont la vocation est de travailler
auprès du médiateur, il ne nous semble pas opportun d'y
faire figurer les membres du gouvernement de Brazzaville. La direction
d'une telle commission devrait refléter la représentativité
des principales parties du conflit et non n'être qu'un démembrement
gouvernemental.
4 - Bureau du Comité technique :
Le comité devrait être présidé par le représentant
du médiateur et comprendre un représentant du gouvernement,
un représentant du CNR, un représentant de l'opposition,
un représentant de la société civile et des représentants
de l'ONU, de l'OUA, et de L'Union Européenne.
5 - De la structuration du Comité :
Celle-ci appelle la prise d'une nouvelle décision du médiateur
qui prenne en compte la représentativité des acteurs principaux
(organisations et personnalités) de la crise congolaise. C'est
là un gage d'espoir et de succès dans la recherche des
solutions conduisant à la paix définitive.
Décret portant nomination des membres de
la Commission d'organisation du Comité technique du dialogue
national sans exclusive
Ce nouveau texte se contente d'élargir à
quelques membres cooptés dans les rangs autres que ceux du pouvoir,
la commission d'organisation du dialogue national sans exclusive. Sur
le fond, la philosophie d'approche demeure la même dans ce nouveau
décret.
Le gouvernement de Brazzaville maintient sans tenir
compte des autres protagonistes de la crise, en s'appuyant sur votre
décision, la substance des décrets qu'il clame avoir
annulé. Le nouveau décret est de ce fait sans fondement
politique consensuel. Il mérite purement et simplement
d'être rapporté
Ayant posé à l'article 2 de votre
décision que " le comité technique est placé
sous l'autorité du Médiateur international ",
il en résulte, que c'est au médiateur et à
lui seul de procéder, après consultation des parties
concernées, à la nomination des organes qui le composent.
Dès lors, le décret, en tant qu'acte unilatéral
du gouvernement de Brazzaville apparaît tel un détournement
des pouvoirs de la Médiation international.
Il vide la commission d'organisation de son autorité
et de son caractère impartial dans la conduite de ses missions
pour défaut de parité qui eut résulté de
la consultation puis de la représentativité de l'ensemble
des protagonistes.
Telles sont, succinctement exposées, les observations
principales qu'appellent l'examen des textes dont nous venons de prendre
connaissance et que nous nous permettons de soumettre à votre
haute appréciation.
Connaissant l'engagement personnel dans la recherche inlassable
des solutions permettant au peuple congolais de se réconcilier
avec lui-même afin de retrouver le chemin de la paix, de la stabilité
et de la reconstruction par le dialogue, nous ne doutons pas que vous
prendrez en compte ces remarques qui constituent notre contribution
à l'aménagement des textes en cause et plus particulièrement
de votre décision.
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