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L'absence d'une carte sanitaire
rend aléatoire l'appréciation correcte de l'état
du système des prestations des soins préventifs et
curatifs. Cependant, on peut considérer que le pays disposait
avant la guerre civile d'un réseau sanitaire non négligeable
et d'une assez bonne accession aux établissements sanitaires
existants bien que peu viable et fiable. Le pays compte un seul
centre hospitalier universitaire (CHU) à Brazzaville, mais
qui a beaucoup souffert de la guerre civile et des bombardement
aveugles de Kinshasa en représailles, trois hôpitaux
généraux, treize hôpitaux régionaux une
trentaine d'hôpitaux de base, une centaine de centres de santé
intégrés et environ 450 dispensaires.
Le projet de "médecine ambulatoire" en phase de démarrage
qui devait permettre au monde médical d'aller vers les populations,
voeu du président Pascal Lissouba, a été interrompue
par la guerre civile. L'accès au médicaments est le
premier problème majeur. L'approvisionnement s'organise autour
de deux réseaux : un réseau public qui importe des
médicaments et les distribue dans les centres sanitaires
publics où en principe ils sont gratuits et un réseau
privé qui en fait monopolise plus de 85 % du circuit. Or,
les prix pratiqués reflètent les cours des médicaments
importés et sont par conséquent, très élevés
par rapport au pouvoir d'achat moyen des congolais, surtout depuis
la dévaluation du franc CFA de janvier 1994 qui a multiplié
par deux les prix des produits importés dont les médicaments.
La situation épidémiologique alarmante s'explique
par l'approvisionnement des population en eau potable et par l'insuffisance
de la couverture sanitaire et de l'assainissement des zones habitées.
La qualité et la répartition des ressources humaines
et financières affectées au secteur de la santé
publique sont l'une des préoccupation des autorités
congolaises. Globalement, le pays dispose d'un nombre suffisant
d'agents sanitaires, mais on constate des très fortes disparités
dont pâtissent les zones rurales. De ce fait, la concentration
du personnel de santé dans les structures urbaines se fait
au détriments de la viabilité financière et
technique de ces unités.
Les spécialisations des médecins ne répondent
pas toujours, et de loin, aux besoins prioritaires : domaine de
pointe au détriment de spécialisation de gestion en
santé publique. Le dénuement des structures de base
en moyens de fonctionnement s'ajoute à cet état de
fait pour expliquer le manque fréquent de motivation et d'efficacité
du personnel de santé. Devant la faiblesse des rémunérations,
de nombreux agents de santé exercent en dehors des structures
publiques, même durant leurs heures de travail ; situation
qui s'est aggravée avec la guerre civile qui a forcé
les 2/3 des cadres congolais à s'exiler. La politique sanitaire
souffre d'une répartition très contestable des ressources
publiques. La prédominance des programmes verticaux (théoriques),
associée à la réduction des crédits
budgétaire et aux dérèglements de l'ensemble
de l'administration a constitué et constitue encore, un autre
facteur de désorganisation institutionnelle..
La situation épidémiologique mobilise de nombreuses
énergies. Les diagnostics par ordre de fréquence,
pour le enfants de 0 à 4 ans révèlent des fièvres
isolées (dont paludisme), des affectations ORL, des affectations
respiratoires basses, dermatologiques et des diarrhées. Pour
les enfants de 5 à 14 ans, les diagnostics les plus fréquents
sont la fièvre isolée due au paludisme, les affectations
dermatologiques et respiratoires basses et les pathologies digestives.
Pour la population en général, le paludisme, les helminthiases
intestinales et les maladies diarrhéiques sont les principales
causes de morbidité. Le paludisme représentant le
principal motif de consultation et arrive en tête des causes
d'hospitalisation des jeunes enfants.
Il est estimé par le milieu médical que le paludisme
et le neuropaludisme expliquent respectivement plus de 47 % et 40
% des hospitalisations des enfants. Le paludisme représentant
10 % de la pathologie générale et 30 % à 50
% des affections fébriles, les enfants étant les plus
touchés alors que l'adulte est moins vulnérable.
Depuis la réduction de la rougeole grâce au programme
élargi de vaccination, les affections respiratoires constituent
avec les maladies diarrhéiques les causes de consultation,
d'hospitalisation et de mortalité chez les enfants de moins
de 5 ans.
Par ailleurs, depuis 1988, de nombreux cas de trypanosomiase
humaine africaine (THA) sont dépistés chaque année.
L'endémie sévit notamment dans la Bouenza et le couloir
du fleuve. Les foyers les plus connus de bilharzioses se situent
dans le Niboland, mais l'endémie connaît une extension
dans les autres régions (Pool, Likouala et Sangha) et dans
les villes du fait des phénomènes migratoires. Les
enfants et les femmes sont généralement plus exposés
en raison de contacts plus fréquents et prolongés
avec l'eau des secteurs contaminés.
Les maladies sexuellement transmissibles expliquent une part
importante de la mortalité féminine. La pathologie
vénérienne affecte les jeunes à partir de 18
ans à plus des 2/3. Las affections les plus fréquentes
sont les infections gonococciques, les trichomaniases et les candidoses.
Par ailleurs, il a été observé en 1990 que
la stérilité affecterait 18 % de la population congolaise.
Le SIDA est devenu le problème majeur de santé publique.
A partir des cas recensé depuis 1988, le taux de séropositivité
s'accroît d'année en année ; soit presque 10 % de
la population. La transmission est essentiellement hétérosexuelle,
car la transmission par transfusion sanguine aurait été
fortement réduite, mais pas jugulée.
La contamination par voie materno-foetale affecte considérablement
la survie des enfants. Plus de la moitié des mères
séropositives transmettent le virus à leurs enfants.
Et, 40 % des enfants nés des mères séropositives
décèdent avant la fin de leur première années.
Le nombres d'orphelins des deux parents du fait du SIDA s'accroît
chaque année. Ils ont le plus souvent abandonnés à
la rue.
La guerre civile est encore venue aggraver une situation déjà
très difficile. Le Congo-Brazza doit impérativement
faire le point sur ses besoins. Et ce travail va de paire avec les
notions essentielles d'une d'une nécessaire décentralisation
et d'une meilleure répartition des fonctionnaires territoriaux.
Par ailleurs, le personnel de la santé naguère très
dévoué a vieilli.
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